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La littérature c'est pour les fragiles ?

  • Photo du rédacteur: Dixie Foucher
    Dixie Foucher
  • 9 févr. 2023
  • 2 min de lecture

A notre époque où la culture est maltraitée, dévaluée, où tout doit être expliqué de peur d'exclure quelqu'un, où "faire un effort" a perdu d'avance face à "ne pas se prendre la tête", lire une histoire un peu moins convenue peut tellement faire du bien. Pourquoi dénigrer la lecture et se priver d'un ailleurs épanouissant ?

Alors LA littérature a-t-elle encore sa place ?

Hyper-personnalisation VS Course aux likes

On est dans la société de l'hyper personnalisation, le culte de soi et de sa différence, tout en courant les mêmes lieux tendances pour un selfie, en cherchant l'approbation de tous dans la course aux likes.

Lire est considéré comme une activité de privilégiés, un plaisir solitaire, un loisir de flemmard. Quelle connerie. Que la vie doit être triste pour ceux-là.

Je suis de celle qui vienne d'en bas et qui se sont au contraire élevées grâce aux mots des autres. Je n'ai jamais eu l'impression de perdre mon temps en lisant. Même avec des textes qui me parlaient moins.

Ecrivain VS Influenceur

Qu'est-ce que la littérature ?

Et qu'est-ce qu'un auteur ?

A l'opposé de l'influenceur qui cherche à neutraliser la libre-pensée du plus grand nombre pour son bien personnel, l'écrivain veut s'affranchir du monde afin que chacun le fasse sien. Écrire, c'est donner du sens à des questionnements intimes, c'est se raconter un peu, même dans la fiction, et raconter les autres de façon impudique parfois. Mais après, le lecteur en fait ce qu'il veut, c'est ça qui est beau.

Avec un livre, il n'y a pas d'injonction à tout comprendre, à penser pareil, à aimer chaque phrase. Un livre, c'est une porte qu'on doit avoir le courage d'ouvrir pour respirer, pour goûter la liberté. Derrière cette porte, on rencontre des sentiments plus grands que soi, des personnages qu'on aime comme des amis, et de temps en temps aussi des situations qui nous ennuient, nous énervent, nous questionnent, nous attristent, mais qui ne nous laissent pas indifférent. C'est un morceau de la vie.

Réfléchir ne fait pas mal !

Faire du simple, rapide à consommer, ne pas se prendre la tête semblent devenus des qualités qu'on est fier d'arborer. Tout prendre à la légère ne peut que conduire au vide de l'âme. Des cerveaux peu entraînés s'habituent à la mollesse, au petit confort de la facilité. Combien parmi nous préfèrent regarder Hanouna plutôt qu'Arte ?

Et puis, toutes ses polémiques qui naissent de rien, se montent en épingle et remplissent de baudruches l'espace laissé vacant ?

J'ai mal à mon époque et je veux que le rêve revienne, moins bête, plus fou, plus abouti.

Laissez-nous le temps de développer un propos, de poser un contexte, d'entrer dans un univers plus complexe. Laissez les mots rentrer, laissez-les vous remplir d'émotion sans en avoir peur. Ça ne fait pas mal.

Vive la littérature.


 
 
 

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